APPEL A CONTRIBUTIONS - L'Agence Internationale pour le

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Date: Mon Mar 27 2006 - 10:27:31 AST

L’Agence Internationale pour le Développement

(AIDE – Fédération)

Organise une conférence citoyenne

les 8, 9 et 10 Mai 2006 aux Nations Unies

Palais des Nations – salle 12- Genève

Ayant pour thème :

Comment surmonter les obstacles pour atteindre

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement ?

APPEL A CONTRIBUTIONS

Objectifs de la conférence :

Contribuer dans une très modeste mesure, à dégager quelques réflexions et
suggestions afin de surmonter les obstacles pour atteindre les Objectifs du
Millénaire pour le Développement.

En réunissant des décideurs politiques de haut niveau, des techniciens des
organismes internationaux gouvernementaux, des décideurs politiques de
toutes les régions du monde, des représentants des ONG travaillant
directement sur le terrain à côté des citoyens qui subissent le système,
nous voulons remplir trois objectifs majeurs :

· Faire ressortir des pistes concrètes de solutions à partir d’un
partage d’expériences et d’une réflexion élargie des acteurs impliqués par
le développement,

· Alimenter une discussion permanente au plus haut niveau avec les
organisations d’autres régions qui agissent pour le développement humain,

· Lancer les bases pour la constitution d’un vaste réseau
international permanent pour promouvoir continuellement le partage et l’
échange d’expérience.

Nous vous invitons donc à nous faire part de vos expériences et réflexions
sur ces sujets afin d’enrichir les débats centrés sur les OMD.

 Nous vous remercions de votre inestimable contribution.

Pour AIDE Fédération

Abdelkbir EL HAKKAOUI

Président

geneve@aide-federation.org

AIDE Fédération 29 rue Traversière 75012 Paris,

 tél : 00 33 1 40 19 91 51, fax : 00 33 1 43 44 38 40

www.aide-federation.org

Email : international@aide-federation.org

JUSTIFICATION, OBJECTIFS ET PERSPECTIVES

Les Droits de l’Homme sont un peu partout dans le monde, en régression. Le
respect de la personne humaine, de sa liberté, de sa dignité, de ses
opinions ou croyances, sont régulièrement bafoués.

Au nom d’un « état d’exception » décrété par certains pays supposés
démocratiques, c’est la loi du plus fort qui s’impose au détriment des
règles internationales devenues de ce fait inopérantes.

Au sommet de ce constat négatif, c’est la montée de la pauvreté dans le
monde qui constitue le point culminant. Quatre milliards de personnes dans
le monde vivent sous le seuil de pauvreté. Un Africain sur deux avec moins d
’un dollar par jour.

Famine, conflits ethniques, terrorisme, trafic de drogue, la violence qui
découle de la misère, nous rappellent au quotidien les dangers que peuvent
engendrer ces fléaux dans le monde, le VIH atteint 60% de la population ; l’
analphabétisme touche 45 millions d’enfants, les conflits qui déchirent un
continent déjà ravagé par la sécheresse; le tout aggravé par le poids de la
dette, la corruption, les détournement de fonds. Ce ne sont plus des
phénomènes isolés, mais la résultante de dérèglements induits par une
conjoncture mondiale dominée par les intérêts économiques du modèle
néo-libéral qui priment sur le respect des Droits de l’Homme et de la
dignité des peuples.

La menace du recours à la violence s’accroît avec l’augmentation des
dépenses militaires dans plusieurs pays pauvres, alimentée par l’assistance
militaire de certains pays développés qui confortent leurs économies grâce
aux exportations d’armes. Troubles et instabilités politiques s’installent,
ici et là, dans les nations les plus démunies. Dans ce contexte, comment les
pays pauvres de la planète vont-ils atteindre les Objectifs fixés par la
Déclaration du Millénaire des Nations Unies et réduire de moitié, d’ici
2015, la population vivant dans l’extrême pauvreté ?

En l’absence d’une nette volonté politique des uns et des autres, il est
indéniable que la pauvreté dans le monde aura plutôt tendance à augmenter d’
ici-là.

Dette extérieure et développement

Force est donc de constater qu’aucun programme des Nations Unies, aucun
partenariat nouveau ou ancien pour le développement de l’Afrique ne pourra
aboutir compte tenu de la charge écrasante de la dette, sans que des règles
innovantes - inspirées par une nouvelle forme de démocratie sociale et
économique - ne soient instaurées. L’extrême pauvreté des populations est d’
autant plus inacceptable que le continent contient des richesses naturelles
importantes.

Les drames humains que cette situation génère et dont les effets perdureront
longtemps apparaissent comme autant d’injures aux droits de l’homme et à l’
idée même de démocratie.

L’Afrique subsaharienne est devenue la zone la plus endettée du monde,
privée dès le départ de ses entrées en devises, au profit de ses créanciers.
La tendance à la baisse des principales matières premières du continent et
la flambée des taux d’intérêt jouant contre les possibilités de
remboursement.

Le nord du continent, de l’Égypte au Maroc n’est pas mieux loti; la très
forte croissance démographique, la fragilité des structures économiques et
le surendettement ont déjà entraîné de graves mouvements sociaux. L’
obligation de régler leurs échéances et les besoins en nouveaux modes de
financement placent les pays débiteurs dans une situation de dépendance
permanente vis-à-vis de leurs créanciers. Cette perte grandissante d’
indépendance économique, impossible à maîtriser faute de moyens de
diversification des ressources, conduit presque fatalement à un
affaiblissement dangereux des institutions.

Il convient de rappeler que les pays industrialisés ont financé leur
décollage économique grâce au crédit. Il convient aussi de souligner que le
recours au crédit n’est pas condamnable en lui-même dès lors que l’emprunt
sert à financer des investissements permettant la croissance.

A quoi ont finalement servi les emprunts qui ont provoqué l’essentiel de la
dette du Tiers Monde ?

550 milliards de dollars ont été déboursés, et n’ont pas suffi à résorber
une dette, devenue un véritable fardeau. 230 milliards de dollars restent
encore à payer.

Quelles sommes ont été investies dans les grands projets stratégiques
nationaux et régionaux et dans les secteurs indispensables à l’accroissement
de la productivité, l'efficacité économique du pays répondant ainsi aux
besoins des populations ?

Si la réponse aux besoins prioritaires en infrastructure n’a pas été
significative, celle attendue pour le volet social n’est d’autant pas
suffisante. Parmi ces besoins, le système de soins, le secteur éducatif, l’
agriculture et l’environnement.

La crise de la dette ne reflète-t-elle pas l’échec des modèles de
développement ?

Pourtant, comme toute crise, celle-ci a joué un rôle révélateur. Les
problèmes d’endettement des pays pauvres sont profondément enracinés dans l’
Histoire du dernier quart de siècle et ne pourront être résorbés d’un coup
de baguette magique. Elle invite plutôt, par une réflexion critique, à s’
interroger sur la nature et les implications des transformations à l’oeuvre
dans l’économie mondiale, ainsi que sur leurs conséquences en matière de
développement pour les pays du Tiers Monde.

De ce point de vue, depuis l’indépendance politique des pays africains, rien
n’a vraiment changé. Et Les responsabilités sont largement partagées.

En premier lieu, le rôle joué par les pays développés dans l’augmentation de
l’endettement des pays du Sud. Faut-il rappeler que les créances dont se
prévalent unilatéralement leurs créanciers sont constituées d’intérêts
croissant de façon exponentielle ? Alors même que le prêt initial est
largement amorti par des contreparties et des avantages exorbitants de
toutes sortes.

D’autre part, il serait absurde de ne pas reconnaître la part considérable
de responsabilités, dans l’enchaînement de ce système, que portent les
gouvernants de ce qui fut appelé un temps le Tiers Monde.

A cet égard, il convient de rappeler l’intervention contraignante des
organismes économiques internationaux, lesquels, imbus d’une conception
essentiellement comptable de la gestion étatique, ont supprimé d’un trait de
plume le maintien des prix des produits de première nécessité à un niveau
accessible, aggravant ainsi la misère des plus démunis. Ils ont imposé, au
nom d’une orthodoxie financière douteuse, des règles qui ont provoqué le
démantèlement des principaux services publics, aggravant ainsi le chômage et
la cherté de la vie, sans création de ressources compensatoires. D’autant
plus que la dévaluation sans concertation des monnaies locales n’a fait qu’
aggraver les termes de l’échange, les exportations étant doublement
dévalorisées, et la cotation des matières premières étant fixées sur les
places financières de l’hémisphère Nord, bénéficiant d’un quasi monopsone en
la matière.

C’est ainsi que depuis le début des années quatre-vingts, une cinquantaine
de pays se retrouvent en état de surendettement prolongé dont les
conséquences économiques et sociales prennent une allure insupportable.

L’endettement chronique de ces régions pauvres traduit, en fait, l’
inadaptation des systèmes internationaux à fournir les moyens de base
appropriés au développement. Il traduit ainsi les difficultés internes de
chaque pays pour engager un développement économique qui réponde à ses
besoins spécifiques, ce qui suppose un projet de croissance autocentré sur
la mobilisation maximale des ressources physiques et humaines locales
inspirées davantage des intérêts matériels et moraux du pays, que de modèles
d’importation. La question qui se pose ici est de savoir quel type d’
économie pourrait être accepté, compris et animé par une société entière
afin que soit atteint l’objectif de développement. Bien des recherches
appuient l’hypothèse selon laquelle dans les pays à faible revenu, l’
accroissement démographiques et son corollaire, l’accroissement de la main d
’œuvre sur un marché restreint, empêche d’atteindre les objectifs du
développement et ceux du Millenium.

Dans cette optique, l’accroissement rapide du nombre de ceux qui arrivent
sur le marché du travail est une source de difficultés dans ces pays.
Optique qui s’inscrit bien entendu dans un système qui n’entrevoit pour l’
instant que le travail salarial comme mode d’intégration dans le cycle
production-consommation.

Quelques pistes pour avancer dans les objectifs du Millenium

On doit admettre un fait évident : les pays du Tiers Monde stagneront dans
la pauvreté faute de productivité au plan économique et faute d’avoir
modernisé les institutions tant au niveau de l’organisation sociale que des
changements de comportement. Or, une faible productivité, associée à des
gains faibles, sape toute action visant à remédier à la pauvreté. Si les
gouvernements savent allier réglementation et incitation économique dans de
justes proportions, les dépenses encourues pour lutter contre la pauvreté
conduiront à des résultats conséquents. En encourageant plutôt l’emploi dans
les secteurs productifs et en réduisant la création de postes administratifs
et la prolifération de l’économie occulte.

Pour enrayer cette dynamique, les pays riches devront de leur coté
encourager la libération internationale du travail, favoriser les mouvements
migratoires. Le chômage ne devrait pas servir de prétexte aux mesures
restreignant les migrations. Car il faut fluidifier le marché du travail
pour stimuler une croissance axée sur l’initiative et l’esprit d’entreprise,
libérée de la fausse sécurité réglementée et étouffante. L’Humanité a
davantage besoin de lutter contre l’obscurantisme et la menace grandissante
de la pauvreté mondiale que de se prémunir contre des menaces d’ordre
militaire entre nations qui se sont nettement atténuées avec la fin de la
guerre froide.

Le devoir le plus pressant des Nations Unies et de toute la communauté
internationale, aujourd’hui, est d’assurer une démarche solidaire, à l’
échelle mondiale. Si la communauté internationale s’en donne les moyens, si
elle en a la ferme volonté politique, ces défis peuvent être relevés. On
peut affirmer avec réalisme qu'il n'existe aucune fatalité du
sous-développement ou de la fracture Nord-Sud.

Nous estimons qu’il y a nécessairement une co-responsabilité de part et d’
autre. Si cette interdépendance est désormais établie et reconnue, il en
découle que la pauvreté dans certaines régions du monde présente en retour
un impact sur le système économique des pays développés, en mal de débouchés
pour leurs produits, entre autres. La communauté internationale a les moyens
technologiques et financiers pour favoriser une croissance élevée. Si la
technologie et le savoir se sont développés à un rythme sans précédent dans
l’Histoire, il n’en demeure pas moins qu’il subsiste un grand handicap
inhérent aux pays pauvres pour l’accès à un savoir utile et disponible.
Raison de plus pour ne pas les dépouiller de leurs rares effectifs d’
encadrement. Et à plus forte raison de promouvoir à leur profit un transfert
substantiel de technologie pour valoriser quelque peu les produits et
services locaux. Car la marginalisation de ces pays pauvres a constitué la
tendance la plus inquiétante de la décennie écoulée.

La libération du commerce en faveur des pays en voie de développement
pourrait avoir des incidences importantes sur l’avènement de la prospérité.
Toutefois, pour que cela se concrétise, il est important que les pays
développés leur ouvrent plus leur marché, et qu’ils assurent des flux
financiers à destination de ces pays, au même titre que ceux qu’ils
entretiennent entre eux.

Le développement ne pose pas que des problèmes économiques et techniques ;
il implique en particulier que soient éliminés tous les facteurs qui
entretiennent le sous-développement. Nous estimons qu’il est grand temps de
s’employer à faire plus largement admettre le principe du développement
participatif en faveur des plus démunis, à améliorer la qualité de l’action
communautaire, de façon qu’elle contribue davantage non seulement à l’
atténuation de la pauvreté dans l’immédiat, mais encore à la croissance
économique à long terme.

Les difficultés des pays du tiers monde tiennent notamment à ce qu’ils sont
marginalisés et isolés du mouvement général du développement, qu’ils vivent
dans l’insécurité et cèdent souvent au fatalisme.

Les dirigeants de ces pays ont certes leur part de responsabilité dans cet
état de fait. Par exemple la structure des rapports aux sein des pays
africains eux-mêmes révèle qu’ils sont fondés sur une inégalité de fait
entre couches sociales, inégalités consacrées par les institutions en place,
entraînant par là même un scandaleux déséquilibre dans la répartition des
richesses. Ne serait-ce qu’en imposant une forte concentration de pouvoir
politico-économique entre les mains d’une minorité privilégiée, en collusion
flagrante avec des intérêts étrangers aux pays.

Bien souvent, les gouvernements locaux ont contribué sciemment à perpétuer l
’asservissement de leur population. Il apparaît donc nécessaire de suivre
une politique plus démocratique qui fasse davantage appel à la participation
des citoyens. En effet, seule la démocratisation des institutions peut
assurer une continuité à la construction économique.

Les pouvoirs publics devraient également mettre sur pied des programmes qui
favorisent la décentralisation en permettant notamment aux collectivités
locales de concevoir elles-mêmes, à leur niveau, des solutions à leurs
problèmes.

En la circonstance, une double question se pose à tous :

  a.. D’une part, à quand une réelle et significative volonté du G8 de
réexaminer la problématique africaine dans une dialectique qui met en jeu
les exigences d’un développement autocentré, face aux règles inflexibles de
la mondialisation actuelle ?
  b.. D’autre part, ceci conditionnant cela, quand les pays africains se
doteront-ils de gouvernements élus démocratiquement ? Et à quand ces mêmes
nouveaux dirigeants légitimes disposeront-ils effectivement du libre choix
de leur mode de développement ?
 Suite à ce triste constat, il s’impose à l’Organisation des Nations Unies
et aux Organismes économiques et financiers internationaux, dans le cadre de
leurs prérogatives respectives, de faire en sorte que prenne fin le problème
accablant de la dette, dont le fondement est vicié en amont. Et que
parallèlement, la Charte des Nations Unies et la Déclaration Universelle des
Droits de l’Homme s’imposent à tous dans l’esprit et la lettre. Conditions
incontournables pour la relance du progrès social et économique pour tous et
des Objectifs du Millénaire qui voient l’horizon 2015 se dérober, si l’on
considère les dernières expertises et les trop modestes avancées.

Dans cette perspective, le NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement
de l'Afrique), du moins dans sa présente formulation, pourrait constituer un
progrès.

Telles sont les quelques réflexions et suggestions que ce vaste sujet
inspire aux animateurs de l’Agence Internationale pour le Développement
(AIDE Fédération) et constitueront la base des travaux de notre Conférence.
Puissent-elles contribuer, dans une très modeste mesure, à dégager quelques
espoirs lucides face à ce douloureux problème qui constitue jusqu’à présent
une honte et une faillite pour notre civilisation en ce début de millénaire.
Received on Mon Mar 27 10:34:57 2006

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